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Conseil national du Parti de l’Istiqlal : Hamid Chabat : Nous parions sur l’avenir avec optimisme

Les deux points majeurs de l’ordre du jour ont concerné, respectivement, l’évaluation du processus électoral et la conviction politique qui en découle, particulièrement en rapport avec les alliances et le positionnement politique du parti, et l’élection de la Commission préparatoire pour le 17ème Congrès national du parti. Ce deuxième point a été retiré à la suite d’un débat exhaustif, qui a abouti au respect des délais déjà impartis pour l’organisation du prochain Congrès national.
Concernant le positionnement du parti sur la scène politique nationale, objet du premier point de l’ordre du jour, deux courants d’idées ont donné lieu à de nombreuses interventions.

Le premier propose l’adoption d’une position de soutien critique à l’actuel gouvernement, considérant que la place naturelle du Parti de l’Istiqlal est d’être aux côtés du Parti de la Justice et du Développement, et que, partant, il doit rompre tout lien avec le Parti de l’Authenticité et de la Modernité. Le second courant défend le positionnement dans une opposition propre au Parti de l’Istiqlal, opposition qui considère les questions sous le prisme du référentiel purement istiqlalien. Il a été convenu, en conclusion, qu’il est impératif de se départir de tout lien avec le PAM sous la coupole du parlement et de privilégier la position d’opposition, conformément au référentiel istiqlalien.
Il sied de relever, enfin, qu’une quasi-unanimité a été enregistrée concernant une réconciliation interne globale et la convocation d’une session extraordinaire du Conseil national, à laquelle tous les membres prennent part.
Le Conseil national a, par ailleurs, été marqué par le discours politique du Secrétaire Général, dans lequel il a procédé à une analyse systématique et à une évaluation sans concessions de la situation politique du parti, à la lumière aussi bien de ses propres forces et faiblesses que de son interaction avec les autres composantes du champ politique national, avant de mettre l’accent sur les priorités, contraintes et objectifs de la phase suivante, à savoir les élections législatives de 2016, et les défis que le parti se doit de relever pour conforter sa position et sa place aux premières loges de la scène nationale.
Ci-après la traduction intégrale du discours du Secrétaire Général :

Frères militants et sœurs militantes,
J’entame mon allocution en rappelant quelques constantes encore en vigueur à ce jour, car au sein du Parti de l’Istiqlal, l’on ne peut séparer les générations actuelles de leurs racines, ni de celles qui ont consenti des sacrifices et des centaines de femmes et d’hommes ayant mené des luttes et qui se sont sacrifiés pour que nous jouissions de l’indépendance et d’une marge de liberté dont nous n’aurions jamais joui n’était le lourd prix qu’il ont payé de leur santé, de leur liberté et de leur vie.
Le Parti de l’Istiqlal était, à l’origine, un parti voué à la libération de l’homme et de la patrie, dans le cadre d’un processus de lutte continue, imposant des sacrifices, de l’abnégation et des dons en permanence, car la libération de la terre et de l’être humain est le secret de l’existence même de ce parti et la raison de sa perpétuation.
Le Parti de l’Istiqlal est, aujourd’hui, la continuation naturelle du mouvement de la résistance et de la libération nationale qui a concerné l’ensemble du territoire national face à l’expansion coloniale, qu’il s’agisse du mouvement de la résistance des tribus du Sahara marocain sous la conduite de leurs vaillants chioukhs ou dans les montagnes de l’Atlas sous la houlette du courageux et héroïque Moha Ouhammou Zayani, ou, encore, à travers les sanglants événements de Fès ou au Nord du pays sous la conduite du combattant et héros Abd El Krim Khattabi.
C’est, en effet, le Parti de l’Istiqlal qui a poursuivi la lutte pour la libération, l’a ancrée, en a rénové les méthodes et outils et lui a imprimé de nouvelles charges d’énergie émanant de l’esprit patriotique sincère grâce à ses pionniers et a ses grands hommes, sous la direction du leader de la libération, feu Allal El Fassi, et en compagnie de héros de la trempe d’Abd El Khaleq Torrès, Abou Chouaïb Doukkali, Abd El Aziz Ben Driss, Hachmi Filali, Abou Bakr Kadiri, Ahmed El Yazidi, Ahmed Balafrèj, Ahmed Cherkaoui, Ahmed Mékouar …, afin que cette marche se poursuive sous la conduite de la génération contemporaine de combattants tels M’hamed Boucetta, M’hamed Douiri et Abd El Krim Ghallab qu’Allah leur prête longue vie !
L’unique souci de ces dirigeants et leaders historiques était de façonner l’Histoire nationale en lui adjoignant une nouvelle couche de militantisme et en enrichissant ses pages déjà glorieuses, de sorte qu’ils ne sortaient d’une bataille que pour se jeter dans d’autres, car l’indépendance était, pour eux, un credo et une foi inébranlable, une mission permanente qui n’est toujours pas achevée et qui ne s’achèvera pas aussi longtemps que persistera ce penchant appelé autoritarisme.

Frères militants et sœurs militantes,
Les sessions du Conseil national sont l’occasion de passer en revue les principaux événements et de rappeler les prises de position les plus importantes ainsi que de procéder à l’évaluation objective et sereine des réalisations d’étape, à l’abri du brouhaha et des sautes d’humeur, et donc de prendre les sages décisions qui tiennent compte de l’intérêt national d’abord.
C’est aussi l’occasion de tirer les leçons du passer, de fixer les objectifs et perspectives d’avenir, de redresser la situation et de tracer la saine voie, dans un climat de responsabilité véritable et courageuse et d’autocritique.
Je voudrais, avant tout, m’attarder avec vous sur un immense événement national auquel ont pris part tous les Marocains sans exception, de l’intérieur comme de la diaspora, avec un sens élevé de patriotisme qui nous rappelle le temps de la lutte nationale, à savoir le 40ème anniversaire de la Marche Verte au cours de laquelle les habitants des provinces du Sud, et les militants et militantes istiqlaliens en particulier, ont écrit de glorieuses pages dont le peuple marocain se souviendra avec fierté et que l’Histoire retiendra en lettres d’or.
Ce qui s’y est passé, en effet, n’est pas un fait ordinaire mais une véritable épopée dont les héros sont les fils du Sahara et dont nous saluons les efforts et la contribution efficiente au succès de la visite royale et le rôle pionnier dans la mobilisation des masses afin de réserver un accueil exceptionnellement chaleureux et généreux au Roi, ce qui a étonné le monde et chamboulé les calculs des adversaires de notre intégrité territoriale.
C’est l’opportunité idoine pour nous d’exprimer, au nom de l’ensemble des istiqlaliens et istiqlaliennes, notre fierté pour les réalisations concrètes accomplies par nos frères des provinces du Sud, à leur tête M. Hamdi Ould Rachid, et de les féliciter pour leur haute habileté à trouver les solutions appropriées aux préoccupations et aspirations des populations à un développement économique et social durable. Nous sommes persuadés que grâce à leurs qualités morales, leur sérieux au travail, leur modestie et leur penchant pour le dialogue et la concertation, ils pourront se mettre au rythme de la nouvelle dynamique de développement et de tendre vers un avenir prometteur ainsi qu’à contribuer à mettre en œuvre le modèle de développement régional avancé et la stratégie globale dont les contours ont été tracés et le point de départ donné par le discours royal de Laâyoune sous forme de projets géants et structurants minutieusement étudiés et avec des enveloppes financières conséquentes, voire au-delà de l’imaginable, visant à faire de l’être sahraoui un point nodal et l’outil de développement de nos provinces du Sud.
La commémoration de l’anniversaire de l’indépendance signifie pour nous, quant à elle, que des parties de cette chère patrie sont toujours occupées et qu’il est de notre devoir de lutter afin d’assurer la pleine libération du territoire national au Nord et au Sahara oriental, que le combat en vue de parfaire cette indépendance sur des bases constitutionnelles solides et à l’ombre de la suprématie de l’Etat de droit, car ce sont là les objectifs pour lesquels le parti a consenti de lourds sacrifices ayant marqué l’Histoire contemporaine du Maroc.
La célébration du 40ème anniversaire de la glorieuse Marche Verte signifie pour nous, que le peuple marocain est mobilisé derrière SM le Roi Mohammed VI qu’Allah le glorifie, tout comme il était mobilisé derrière feu SM le Roi Hassan II et comme il était en parfaite symbiose avec le regretté SM Mohammed V afin de faire face à tous les dangers qui menaçaient et menacent encore notre intégrité territoriale.
Nous enregistrons avec grande fierté, au Parti de l’Istiqlal, la visite bénie de SM le Roi Mohammed VI qu’Allah le glorifie dans nos provinces du Sud, visite qui a trouvé un répondant populaire immense ayant corroboré la solidité des liens de nos concitoyens dans ces chères provinces avec le glorieux Trône alaouite. Nous prenons acte, également, des gigantesques projets de développement dont SM le Roi a annoncé le lancement à travers une stratégie d’exécution du modèle de développement proposé par le Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE), ce qui conforte la politique tendant à rendre justice à ces régions.
Nous mettons à profit, d’autre part, la célébration de ces deux anniversaires marquants pour insister, de nouveau, sur le fait que le parachèvement de la récupération des autres parties du territoire marocain demeurera notre cause première en espérant que le voisin espagnol se départira de son identité colonialiste et se convaincra que persister à occuper des zones marocaines constitue un facteur de tension entre les deux peuples et aspirant à ce que les dirigeants de l’Algérie sœur se persuaderont aussi que le conflit au sujet des frontières ne saurait prendre fin aussi longtemps que persistera le parrainage des tentatives séparatistes dans nos provinces du Sud.
Nous mettons à profit cette occasion pour saluer hautement nos concitoyens des provinces du Sud qui ont fait face à la vile idéologie séparatiste et ont adhéré au processus d’union nationale, de même que nous nous inclinons devant les membres des vaillantes FAR, de la Gendarmerie Royale, de la Sûreté Nationale, des Forces Auxiliaires et de la Protection Civile et réaffirmons que le dossier de notre intégrité territoriale est définitivement clos à la faveur du retour de ces chères contrées à la mère patrie il y a 40 ans de cela.

Frères militants et sœurs militantes,
Notre pays a connu, il y a quelques semaines, des élections professionnelles, communales et régionales ayant débouché sur l’élection des organes de la Chambre des conseillers. Ce processus étant arrivé à son terme, il nous incombe de procéder à une évaluation globale et précise de ces consultations au double plan interne, concernant le parti, et externe, pour ce qui est du paysage politique en général afin de mesurer les acquis et de reconnaître les points faibles afin de mieux consolider les points de force. Cette opération requiert de s’appuyer sur une méthodologie scientifique réaliste afin d’investir l’évaluation dans un sens positif à même de renforcer le parti et de conforter le cheminement du pays sur la voie de l’accélération de la cadence des réformes sous la conduite de SM le Roi Mohammed VI qu’Allah le glorifie et l’assiste et qui tient et insiste à aller de l’avant sur cette voie.
C’est que nous avons émis, avant même le démarrage du processus électoral, de nombreuses remarques et avons proposé moult suggestions, notamment lors de la discussion des projets de lois organiques au parlement et lors des concertations politiques avec les partis, ce qui était de nature à réduire les possibilités d’atteinte aux scrutins et de parvenir à des résultats électoraux sains, honnêtes et à l’abri des pressions et contraintes, voire des velléités despotiques et d’influence. Hélas, il n’a pas été tenu compte de la volonté de notre parti, tandis que les élections ont eu lieu dans un climat psychologique inconvenable et des tensions entres les acteurs, la situation ne faisant que se compliquer davantage eu égard à la pression du facteur temps dans lequel a été engouffré un processus à la fois long et pénible en un laps court et qui a coïncidé avec les vacances, les fêtes et la rentrée sociale.
C’est ainsi que nous avions réclamé la constitution d’une commission indépendante pour superviser les élections à même de constituer un abri et une protection sûre des opérations électorales contre toutes les formes d’atteinte tandis que le gouvernement s’est empressé de mettre sur pied une commission centrale, une commission purement gouvernementale à travers laquelle l’Exécutif a joué les rôles de juge et partie à la fois, ce qui lui a ôté toutes les conditions d’honnêteté, d’objectivité  et de crédibilité. Nous avions réclamé également, avant cela, de supprimer les listes électorales et de permettre aux électeurs de voter sur la base des données incluses dans la CIN afin de permettre à tous les citoyens d’exercer leur droit légitime et de faire leur choix, de même que nous avons réclamé de procéder à un découpage électoral exempt de toute arrière pensée ou calcul, mais là encore, hélas !, le gouvernement a traité ces requêtes avec beaucoup de condescendance en dépit des prérogatives importantes et essentielles que lui reconnaît la Constitution de 2011, lesquelles n’existaient pas auparavant et malgré le fait que le chef du gouvernement supervisait directement ces élections, ce qui n’était point le cas dans le passé.
Parallèlement à cela, les erreurs et dépassements ont continué à s’accumuler alors que certains milieux ont profité de l’occasion pour bourrer les listes électorales et propager les facteurs d’échec et d’abattement.
Nous n’avons nul besoin de rappeler que ce que le gouvernement a qualifié de consultations politiques en rapport avec les élections étaient viciées et quasi formelles et au sujet desquelles nous avions émis plusieurs remarques. C’est que le gouvernement a tenu à noyer ces consultations en les étendant à des dizaines de parties, ce qui a donné lieu à un amoncellement de propositions et une multiplication des positions et des suggestions antinomiques, au point que nul ne savait plus qui proposait ou suggérait quoi. Le gouvernement a mis à profit cette occasion pour imposer ses vues au nom du pluralisme et du droit à la différence, tout autant qu’il a tenu à soulever certaines questions, lors de ces concertations, et à occulter d’autres et donc à décider seul à leur sujet, comme ce fut le cas pour le découpage électoral, à propos duquel il a confectionné une carte taillée sur mesure et qui a assuré à ses composantes des taux élevés de réussite au niveau des grandes villes et des Conseils régionaux.
Malgré tout cela, et confiant en notre détermination et le potentiel de nos militants, considérant aussi l’intérêt général dont la protection et la défense du pays nous oblige à tenir compte, nous nous sommes engagés dans ces élections avec enthousiasme et en ne ménageant aucun effort pour contribuer positivement à leur amélioration en termes de programmes, d’idées et de renouvellement des élites et de renforcement du rendement des institutions élues, tandis que nos nobles militants ont mené une campagne électorale propre et pure dont ils ont voulu faire une opportunité d’encadrement, d’enrichissement du débat public et de mûrissement des alternatives. D’où les résultats honorables du parti lors de ces élections et qui reflètent la position avancée du parti sur l’échiquier politique national. Il nous incombe, cependant, aujourd’hui, de reconnaître que le processus électoral dans sa globalité n’a pas échappé aux méthodes de pression, de contrainte et de tyrannie à travers diverses formes et manifestations, vu que certains responsables du ministère de l’Intérieur n’ont pas ménagé leurs efforts pour influer sur les candidats et électeurs ou les allécher au point de contraindre certains à se porter candidats sous les couleurs de certains partis dans certaines régions, de même que des dizaines de milliers d’électeurs n’ont trouvé aucune trace de leur nom sur les listes électorales de certains bureaux de vote et ont été ainsi privés de leur droit d’exprimer leur volonté. Les pressions se sont fait sentir plus fortement, en outre, lors de l’élection des organes des Conseils régionaux d’où il apparaît que les résultats de ces élections ne correspondent nullement à la ce que les électeurs ont exprimé, ce qui signifie que leur volonté a été manipulée et altérée. Ainsi, certaines tentatives ont réussi à attenter à ce processus et nous avons fait appel à la justice sous forme de contestations juridiques dont certaines ont été retenues.
Nous considérons au Parti de l’Istiqlal que si les résultats nous ont réservé une position avancée et doivent ainsi constituer un facteur de confiance et de sérénité pour nous, nous affirmons néanmoins que le parti aurait pu recueillir des résultats meilleurs n’étaient les facteurs d’influence sus mentionnés, outre des données en rapport avec notre rendement organisationnel, lequel doit faire l’objet d’une attention absolue de la part de tous les organes du parti sans exception. Aussi, et tout en saluant fort, ici, ceux de nos militants qui ont fait de leur mieux lors de ces échéances et auxquels revient le mérite de ce que le parti a glané comme résultats positifs, il faut aussi évaluer le rendement d’autres membres d’en tirer les conséquences réglementaires et statutaires.
Nous saluons, également, l’action du groupe parlementaire «  Pour l’Unité et l’Egalitarisme » dans les deux Chambres du parlement ainsi que les forces politiques qui nous ont soutenus, principalement lors de l’élection du président de la Chambre des Conseillers.
Nous nous trouvons à une étape cruciale de l’Histoire de notre parti et il importe d’avoir présents à l’esprit l’intérêt du parti, son unité et son avenir et ceci ne doit nullement nous empêcher de procéder à une autocritique objective, car nous constituons l’école même de l’autocritique, laquelle nous donne le courage, la force et la confiance en nos capacités organisationnelles et intellectuelles. Nous disons ainsi, à ce propos, que l’organisation du parti ne nous a pas aidés dans ces circonstances délicates et que la responsabilité en incombe à nous tous. De même que notre discours n’a pas permis d’aller au fond des choses, probablement parce que nous nous sommes davantage intéressés à la formulation sans penser aux outils de communication et d’organisation nous permettant de toucher l’opinion publique, ce qui peut expliquer le recul du parti dans certaines grandes villes et dans d’autres communes qui constituaient naguère des fiefs historiques du parti… C’est pourquoi nous considérons qu’il est impératif de penser, dès aujourd’hui, à trouver des issues efficaces à cette importante problématique, tout en tenant absolument à féliciter nos militants, instances, organisations et alliances professionnelles du parti pour les efforts et sacrifices qu’ils ont consentis et tout en félicitant ceux de nos militants ayant gagné la confiance des électeurs aussi bien que ceux que les facteurs sus cités ont pénalisés.
Quoi qu’il en soit, et autant nous sommes fiers des résultats positifs ainsi obtenus et que reflète l’élection des membres de la Chambre des Conseillers qui a accordé la première place au parti, autant nous insistons pour nous concentrer sur l’avenir avec confiance et l’ambition de voir le parti augmenter ses chances de succès et de réussite A ce niveau précisément, de grands efforts sont requis car le facteur temps ne cesse d’exercer des pressions et nous oblige à élaborer, dans les meilleurs délais, un plan de travail pour la prochaine étape et qui balise la voie devant le convoi istiqlalien dans les jours à venir, surtout que nous vivons une année déterminante, car les élections législatives sont imminentes et nous devons tirer les leçons de ce qui est arrivé afin d’assurer à notre parti un rang de premier plan sur la scène politique nationale.

Frères militants et sœurs militantes,
Il importe aussi que notre évaluation concerne également l’action de notre parti sur la scène politique nationale, car il existe un lien étroit et direct entre ces résultats et cette scène et il est de notre devoir de tirer les conclusions qui s’imposent et de procéder à une relecture des données et réalités. Nous rappelons, à ce sujet, que le Conseil national avait décidé que le pari jouerait son rôle en passant à l’opposition politique. Cette décision historique ne précisait cependant pas qu’il faille assumer ce rôle en concertation avec une partie donnée, mais cette mission a imposé, à un moment donné, une coordination avec les composantes de l’opposition parlementaire sous la coupole, coordination qui a pris la forme d’initiatives limitées dans le temps, dans l’espoir que le processus électoral allait contribuer à stimuler ces initiatives et à faire mûrir de nouvelles conditions pour notre champ politique, ce qui n’a pu se produire du fait de la prééminence des vieilles habitudes et d’une certaine culture face à ces ambitions. Il est apparu clairement alors que de telles initiatives n’étaient plus de mise et que le Parti de l’Istiqlal est, à présent, en mesure ‘évaluer ce processus et de procéder aux révisions idoines. Nous affirmons ainsi que notre parti, qui reste bien ancré dans la société, se doit occuper la position qui lui revient naturellement en tant que force politique autonome et souveraine dans ses prises de décisions et de positions, une force de proposition capable de faire face à tous les défis sans, pour autant, être obligée de s’aligner sur telle ou telle partie. Nous considérons, partant, que notre pays a encore besoin de voir le Parti de l’Istiqlal assumer son rôle et sa mission politiques avec une identité exclusivement istiqlalienne et dans le cadre de l’honnêteté et de la loyauté qui le caractérisent, à travers une opposition qui distingue bien les couleurs et accorde objectivité et crédibilité aux décisions et prises de position.

Frères militants et sœurs militantes,
Notre scène politique souffre de graves dysfonctionnements dus à de multiples facteurs historiques et il est de notre responsabilité de poursuivre le combat, avec les forces véritablement démocratiques, afin de lui ménager les conditions de sa guérison. Se trompe lourdement celui qui croit, pour une raison ou une autre ou de quelques facteurs ou circonstances, qu’il peut confectionner une scène politique sur mesure et l’intérêt de la patrie exige, plus que jamais, que nous raisonnions tous selon la logique de la patrie avant celle du parti et de l’intérêt général plutôt que d’intérêts particuliers.

Frères et sœurs membres du Conseil national,
La dangereuse évolution du terrorisme impose de réitérer notre position inébranlable contre la violence et la terreur. A cette occasion, nous condamnons toutes les opérations terroristes dont ont été victimes des citoyens innocents que ce soit à Paris où des mains criminelles ont commis une tuerie contre des innocents que le destin a menés vers les lieux visés par les terroristes et proclamons notre solidarité avec le peuple français ami, ou à Beyrouth où des sanguinaires ont commis un odieux crime contre le peuple libanais frère, ou encore en Egypte où les terroristes ont fait exploser un avion transportant des civils innocents, ou au Mali où les terroristes ont tenu à perpétrer leur vil forfait. Le Parti de l’Istiqlal, qui a combattu la violence et le terrorisme sous toutes leurs manifestations et déclinaisons et réitère sa stigmatisation de toutes les actions terroristes, invite à ne pas se laisser entraîner par les campagnes hargneuses visant l’Islam du juste milieu et qui sublime l’humanité de l’être. Aussi engage-t-il l’opinion publique occidentale à ne pas céder aux campagnes de dénigrement et de haine et de ne pas servir d’appât facile aux milieux qui tentent de semer la discorde et le chaos dans le monde, ni de vecteur d’aussi vils desseins.

Frères et sœurs,
membres du Conseil national,
Le véritable terrorisme est celui pratiqué par l’entité sioniste en toute quiétude, car il s’agit d’un terrorisme d’Etat organisé et planifié puisque la machine infernale de l’ennemi sème la mort parmi le peuple palestinien sans armes et procède à une destruction massive de la civilisation et ne voilà-t-il pas que l’ennemi sioniste exécute des peines capitales directes à l’encontre des Palestiniens en plein boulevard comme dans les ruelles, à l’intérieur des maisons et au dehors, sans que la communauté internationale s’en offusque et c’est ce qu’il faut condamner ouvertement et franchement tant de notre part que de la part des gens libres de par le monde. Nous affirmons que l’injustice faite aux peuples arabes et musulmans en Palestine, Irak, Libye, Yémen, Somalie et Syrie est ce qui donne prétexte aux autres d’user de violence et de terreur et c’est pourquoi nous appelons à résoudre, sans plus tarder, les conflits dans le monde à travers les mécanismes de dialogues et de règlements pacifiques aussi bien qu’en appliquant le droit sur un pied d’égalité et sans discrimination aucune.

Frères et sœurs,
La focalisation de l’attention du parti sur les échéances électorales et sur le débat y afférent n’a pas pour autant figé ses organisations parallèles et le parti est ainsi demeuré un espace ouvert et une ruche bourdonnante d’activité, d’échanges, d’expression libre et responsable et d’écoute de l’autre et de l’autre opinion.
C’est ainsi que la Jeunesse Istiqlalienne a organisé diverses activités au cours desquelles elle a débattu de multiples questions, soulevé divers problèmes et exprimé son point de vue concernant la situation du parti et du champ politique national ainsi qu’en ce qui concerne l’évolution des faits.
Idem pour l’organisation de la Femme Istiqlalienne qui fait des efforts pour reprendre sa position et reconquérir ses choix qu’elle veut émanant d’elle-même et de ses propres convictions.
Je salue également les alliances professionnelles, toutes corporations et spécialités confondues, pour la nouvelle dynamique qu’elles ont imprimée aux activités du parti et pour en avoir relevé le niveau du débat grâce à leur vitalité.
La Jeunesse Scolaire a fait, elle aussi, montre de compétence dans l’accomplissement de sa mission en plaidant en faveur des écoliers et en défendant leurs causes.
Pour ce qui est des relations extérieures et de la diplomatie partisane, le parti a accueilli la réunion annuelle du Bureau exécutif de l’Union Démocratique Internationale dont l’Istiqlal est un membre actif, réunion qui s’est tenue pour la première fois en Afrique et dans le monde arabe à l’invitation du parti et au cours de laquelle il a été procédé à l’examen de diverses questions au centre d’intérêt de la communauté et de l’opinion internationales ; le parti a également participé à diverses rencontres internationales dont le Sommet mondial des conservateurs et réformateurs en Tunisie, tandis que la diplomatie du parti a déployé une activité peu coutumière dans le passé vu que les membres du Comité exécutif ont effectué de nombreuses visites aux partis frères et amis et participé à de nombreuses rencontres internationales portant sur les questions partisanes.

Frères et sœurs,
Alors que nous sommes à l’orée d’une année électorale décisive dans les annales du pays, nous réaffirmons de nouveau notre aspiration à gagner ce challenge et notre détermination à relever les défis, ce qui requiert davantage de volonté de notre part en vue de faire face aux attaques féroces dont le parti continue d’être la cible de la part de multiples parties et de faire échec aux manœuvres visant à minorer sa présence et à diminuer son poids électoral et impose à l’ensemble des organisations du parti de se fédérer autour de ses institutions, tout autant que cela requiert de leur part une mobilisation soutenue aux plans politique, organisationnel et intellectuel afin que le parti demeure à jamais la conscience vive de cette nation, garde sa position naturelle et occupe les premiers rangs, comme il le mérite, lors des législatives de 2016.
Tout le monde est en effet appelé à redoubler d’efforts et à étoffer l’action de terrain et d’entretenir ainsi l’espoir en permanence, l’essentiel étant de croire en le changement en mieux, puis en meilleur, d’être maître de ses choix et décisions et les résultats seront alors au rendez-vous et à la hauteur de vos aspirations.

Frères et sœurs,
L’unité  de ce grand parti a toujours été mise à l‘épreuve du fait de ce qui se tramait au niveau de la scène politique comme manœuvres et manigances, mais le parti a constamment été dur à faire plier et est resté grand grâce à la sagesse et à la clairvoyance de ses leaders et là la vigilance de ses militants et militantes.
Aujourd’hui encore, le parti mise sur la continuation de son homogénéité afin de concrétiser ses objectifs, car l’unité des rangs et l’unification des efforts dans le cadre du système intellectuel, politique et organisationnel sont une condition essentielle de succès, de réalisation des objectifs et pour relever les défis.
L’espoir demeure que vous et l’ensemble des secteurs actifs du parti, capables de résister et qui aspirent toujours à le hisser plus haut, Jeunesse et femme istiqlaliennes, alliances du parti et l’ensemble de ses fils et filles éclairés, œuvrent à renforcer l’union et l’unité du parti, à préserver l’homogénéité et l’harmonie de ses composantes et à maintenir ses rouages et son édifice solidement bâtis sur des fondations aussi solides et inébranlables, en dépit des désagréments provoqués par un climat politique perturbé et malgré toutes les difficultés et contingences.
Je voudrais exprimer, en conclusion, la solidarité du parti et de ses institutions avec ceux de nos frères que les forces autoritaristes ont décidé de poursuivre et de punir pour rien si ce n’est d’avoir gagné les élections du 2 octobre 2015, succès qui a placé votre parti aux premiers rangs, de même que je salue notre candidat Abdessamad Qayyouh que nous considérons comme le véritable gagnant de la course au perchoir de la Chambre des Conseillers en ayant remporté des voix non dirigées et manipulées.

La traduction du texte du communiqué sanctionnant les travaux du Conseil national sera publiée dans notre prochaine édition.

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